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fond stellaire

Extraits
 

Introduction

Date : 26 Juillet 681 NDT (3025 apr. J-C)

District Nord-Ouest, Système de Nallik, Planète Nallik III, Empire Teran

 

            Le cuirassé lourd impérial TSS Supernovae, vaisseau amiral de la Flotte d’Elite Impériale et son escorte de croiseurs lourds émergèrent de l’hyperespace et se mirent en orbite autour de Nallik III. Cette planète faisait l’objet de villégiature régulière de la part de l’Empereur Maximilien Tera, qui, malgré son grand âge et les conseils des médecins du Palais, refusait catégoriquement de se passer de ses visites sur ce monde très éloigné de la Terre. Même avec les nouveaux propulseurs hyperspatiaux, capable de propulser un vaisseau à plus de 1000c, le voyage depuis la Terre durait près de quatre mois soit une distance de 330 années-lumière. Le voyage était fatigant pour tout l’équipage et les passagers. D’ailleurs la loi impériale sur les voyages galactiques imposait des conditions de bonne santé avant de pouvoir embarquer sur un transporteur. En effet, les vaisseaux long courrier disposaient, pour faire apparaître le trajet le plus court possible, d’un système de cryostase, plongeant l’utilisateur dans une phase d’hibernation. Mais ce procédé pouvait avoir de fâcheuse répercussion sur certaines personnes sensibles telles que les enfants de moins de dix ans ou sur les personnes âgées de plus de soixante-dix ans. L’Empereur avait quatre-vingt-sept ans. Certes il était toujours robuste et alerte pour son âge mais même lui sentait que ses forces s’affaiblissait de jour en jour. Mais sa visite sur Nallik III n’était pas qu’une villégiature mais également une visite d’Etat. Une fois par an, L’Empereur Maximilien et ses deux jeunes fils, Alexandre et Esteban, âgés de vingt et un et dix-neuf ans, l’accompagnaient lors de sa tournée. D’ordinaire ces voyages ne duraient pas si longtemps mais l’Empereur souhaitait montrer son lieu de prédilection à ses fils. Les deux princes, passionnés de technologies et de manœuvres spatiales, se trouvaient sur la passerelle de commandement du Supernovae et observaient l’Amiral Stein mettre la flotte en orbite.

— Lieutenant Morris, contactez le contrôle planétaire et demandez une autorisation d’atterrissage pour la navette de Sa Majesté et nos transporteurs, ordonna-t-il d’un ton calme à son officier des transmissions.

— Oui Amiral, répondit Morris en faisant danser ses doigts habiles sur la console de communication. Contrôle ? Ici cuirassé lourd TSS Supernovae, Identifiant : 012568ALPHA, demandons autorisation d’atterrissage pour navette SI-001 et transporteurs de troupes type Delta.

— Bien reçu, contrôle Supernovae, vous avez l’autorisation d’atterrissage. Nous sommes honorés d’accueillir Son Altesse Impériale. Les zones d’atterrissage 1 à 4 du spatioport de Garzal vous sont réservées, Contrôle, terminé.

Stein se retourna et regagna son fauteuil de commandement et salua discrètement ses deux impériaux invités.

— Ce voyage fut agréable pour nous Amiral. Merci de nous avoir permis, mon frère et moi, de le vivre du côté de l’équipage et non des passagers, déclara le prince Esteban. Je ferais en sorte que mon père vous récompense dignement !

— Tout l’honneur était pour moi, Messeigneurs répondit l’officier gêné. Sergent Fillings veuillez accompagner Leurs Altesses au hangar d’arrimage 4. Capitaine Gibson, je vous laisse la passerelle pendant que je vais escorter Son Altesse Impériale à sa navette.

— A vos ordres, répondirent les deux subordonnés en chœur.

Dix minutes plus tard, la navette impériale et deux chasseurs d’escorte s’élancèrent du hangar d’arrimage du cuirassé en direction de la surface planétaire.

            La nuit tombait sur la capitale planétaire côtière de Garzal, les étoiles luisaient dans le ciel d’été lorsque la navette et son escorte se posa enfin à la surface. Les transporteurs se posèrent sur une autre zone d’atterrissage. Au bas de la rampe d’accès de la navette se massait un comité d’accueil impressionnant : le gouverneur de Nallik, Niels Aerzie, un homme d’une cinquantaine d’années droit comme un i dans son costume bordeaux et noir frappé de la livrée impériale, son visage était parsemé de petites rides d’expression au niveau de ses yeux vert amandes, ses cheveux roux commençaient à grisonner sur les tempes et lui tombaient délicatement sur les épaules. Il frissonna en apercevant les gardes du corps d’Elite de l’Empereur, les Paladins, engoncés dans leurs armures de combat intégrales blanche et or, équipés de leurs fusils à impulsions plasmiques à répétition XF266 Mk III capable de faire fondre une plaque de néo acier de 2 centimètres d’épaisseur en un seul coup au point d’impact et de percer n’importe quel bouclier personnel sans la moindre difficulté. Il se ressaisit lorsqu‘il aperçut les deux princes héritiers descendre de la navette en tournant la tête en tous sens pour admirer le paysage et à leur suite le souverain lui-même, soutenu par sa canne antigravité. Au côté du gouverneur Aerzie se tenait un peu en retrait le commandant en chef de la garnison impériale de Nallik, le Colonel Hendrickson, un homme de haute taille, au visage fermé et impassible, aux yeux bleu acier et la chevelure grise à la coupe courte réglementaire. De l’autre côté du gouverneur se tenait une femme d’une trentaine d’année vêtue d’une longue robe blanche et or, aux yeux d’un vert émeraude à la chevelure acajou, il s’agissait de la chef du protocole du bureau du gouverneur Eloïse Venicia. Partout ailleurs se tenait tout un détachement de l’Armée Impériale toute division confondue : des soldats aux Unités Spéciales, tous au garde-à-vous. Tandis que Hendrickson se mit au garde-à-vous, Aerzie et Venicia s’inclinèrent humblement devant la famille impériale.

            — Votre Majesté Impériale, commença le gouverneur, nous sommes extrêmement honorés de votre présence et espérons que votre séjour parmi nous se passera dans les meilleures conditions possibles. Nous avons préparé votre suite favorite pour vous et vos…enfants. Je vais m’en mordre les doigts d’avoir parlé ainsi pensa-t-il. Le gouverneur savait que les deux princes étaient jeunes mais ne s’attendait pas à trouver des jeunes hommes à peine sortis de l’adolescence.

            -Merci de vote accueil Gouverneur. Ce voyage m’a beaucoup fatigué aussi vais-je me retirer dans mes quartiers. Ah, au fait, mes fils ne partageront pas mes quartiers, aussi veuillez préparer une autre suite à proximité à leur usage.

            — Une seule, Votre Altesse ? interrogea Aerzie

            — Ne vous inquiétez pas pour nous, nous nous entendons très bien mon frère et moi et nous avons très souvent dormi dans la même chambre le rassura le Prince Alexandre. Père a des besoins…très spécifiques qui sont…euh…incompatibles avec les nôtres.

            — Fort bien. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire à vos appartements.

Le gouverneur, la famille impériale et quatre Paladins embarquèrent dans une limousine antigrav blindée qui les conduisit jusqu’aux Palais des Rêves, résidence secondaire des familles les plus influentes de tout l’Empire, et de la famille impériale en particulier.

La cité était très animée en cette période de l’année, même au milieu de la nuit, le trajet se passa sans encombre et émerveilla les deux jeunes princes.

— Père, demanda en poussant un petit gloussement de joie Esteban, depuis combien de temps n’étais tu pas venu sur ce monde ? Je ne pensais pas pouvoir voir une telle splendeur avant mes trente ans !

— Si ma mémoire ne me joue pas de tour, ce qui lui arrive de plus en plus souvent d’ailleurs, cela va bientôt faire dix ans, répondit lentement le vieil homme. Les choses ont bien changé depuis ma dernière visite. Félicitation, Gouverneur, vous avez rendu votre monde fort prospère.

            — Merci, Monseigneur, mais je n’ai fait que mon devoir ! répondit le Gouverneur gêné.

            — Dites-moi, demanda le Prince Alexandre, depuis quand êtes-vous en poste ici Gouverneur ?

            — Cela va bientôt faire trente ans, Votre Altesse, répondit Aerzie fièrement, c’est mon huitième mandat. Quand je suis arrivé ici, cette planète partait à vau-l’eau à cause de la…mauvaise gestion de mon prédécesseur !

            — Humm ! Mauvaise gestion, dites-vous, s’indigna l’Empereur, vous jouez sur les mots, Fillys travaillait pour la Fédération de Scorso comme agent de liaison, c’était un traitre qui divulguait des informations confidentielles aux Scorsoniens notamment sur le mouvement de la Flotte dans ce district, qui est la zone la plus proche de la frontière avec la Fédération. Son rôle a été dévoilé, il a été arrêté pour espionnage, jugé, et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité dans le système Oméga.

            — Le système Oméga ? demanda Esteban, Qu’est-ce que c’est ? Une zone interdite ?

            — Presque, lui expliqua Alexandre. C’est en fait une immense prison haute sécurité où sont envoyés les pires criminels et les espions non condamnés à mort.

            — Mais comment tu sais tout ça Alex ? Tu as beau avoir deux ans de plus que moi tu n’a pas une accréditation supérieure à la mienne il me semble !

            — Oh, c’est juste que pendant qu’un certain jeune Prince va s’amuser tous les soirs en boîte de nuit à Terana, au grand dam des Paladins d’ailleurs, moi, je m’instruis avec la BDI[1]. Tu devrais essayer de temps en temps, ça te changerait les idées, ricana le Prince Alexandre en envoyant un petit coup de coude à son frère.

            — Alors ça, tu vas me le payer ! promit Esteban avec un sourire au coin des lèvres. Je sens que tu vas dormir dehors cette nuit !

            — Oh, j’ai très peur ! Ce n’est pas bon pour mon cœur ça ! Vite va chercher le médecin impérial je vais faire un infarctus, ironisa Alexandre tout sourire.

Ils éclatèrent de rire en même temps, faisant sourire toute l’assemblée, en particulier Eloïse Venicia qui ne put réprimer que de justesse une crise de fou-rire.

            Le reste du trajet se déroula sans encombre et les illustres « touristes » impériaux purent enfin se retrouver dans leurs appartements respectifs.

 

 

Chapitre 1 

Lorsqu’elle apprit par l’holovidéo que Sa Majesté Impériale Maximilien Tera avait atterri sur le spatioport de Garzal et passerai en revue les troupes de la Garnison Impériale de Nallik avant de se rendre au centre de recrutement de l’Armée et de la Flotte Impériale, Helena Tyler sut que Colin, son fils cadet, allait quitter la maison familiale pour suivre son rêve.

Colin était un jeune homme de dix-neuf ans, de grande stature ; mince et athlétique, il avait toujours eu un franc succès auprès de la gente féminine depuis qu’il avait quatorze ans même si lui-même n’avait jamais eu de véritable relation durable. Ses cheveux d’un blond satiné lui retombaient délicatement devant ses yeux bleu azur en une large mèche descendant jusqu’à sa pommette droite. Malgré son jeune âge, Colin s’était toujours montré sage et conciliant. Son père l’avait toujours vu en tant que diplomate ou avocat à cause de sa soif de justice et d’équité. Mais Colin aspirait à servir toute l’humanité et même les autres peuples galactiques : les Illuyts, ressemblant à s’y méprendre à un humain hormis le fait que leurs yeux étaient totalement vert émeraude et sans pupille ; les Lirotyans, dont on ne sait que peu de chose même pas leur forme exacte à cause de leurs dons de polymorphe ou les Spectres de Beltan, sorte de créature de brume : sans réelle forme physique mais maîtrisant parfaitement la télékinésie voire la téléportation. En cette période, les seuls véritables ennemis des humains étaient…d’autres humains.

En effet, à l’intérieur des frontières de l’Empire Teran, se trouvaient des no man’s lands que les patrouilles de la Flotte avaient du mal à pacifier malgré une technologie très avancée en armement et des vaisseaux haut de gamme. L’un des problèmes préoccupants était posé par les pirates stellaires qui s’attaquaient régulièrement aux routes commerciales et aux portails quantiques permettant aux navires civil non équipé d’hyper propulseurs de franchir les gouffres séparant les systèmes stellaires les uns des autres en un temps relativement court sans avoir à subir les effets de l’hyper accélération quantique mais chaque porte n’est reliée qu’à un seul système stellaire chacune. Ces portails sont pourtant bien protégés et lourdement blindés mais peu armés. Toutefois les pirates devinrent de plus en plus audacieux et s’attaquèrent désormais aux portails eux-mêmes plutôt qu’aux vaisseaux qui les empruntaient. La Flotte avait déjà perdu une demi-douzaine de ces portails au cours de l’année précédente ainsi qu’autant d’escadres[2] de croiseurs léger chargés de les protéger, d’où un besoin permanent de nouvelles recrues.

C’était précisément ce besoin impérieux de soldat qui inquiétait Helena : elle craignait plus que tout au monde que son fils soit envoyé à la mort, même pour une cause juste. Elle avait déjà perdu son mari il y avait dix ans de cela lors d’une guerre éclair contre l’Empire Velusin qui, après quelques terribles batailles, s’était retiré la queue entre les jambes lorsque l’ensemble de la Flotte avait été mobilisée par l’Empereur pour écraser l’ennemi une fois pour toute lors d’une ultime et terrible bataille. Depuis l’Empire Velusin n’avait jamais plus tenté quoi que ce soit contre l’Empire Teran, avait signé un pacte de non agression et devenait progressivement un partenaire économique important. Malgré tout, Helena faisait toujours le deuil de son mari et ne voulait en aucun cas perdre l’un de ses fils. La campagne de recrutement devait commencer d’ici deux semaines.

— Colin, je t’en prie, réfléchis encore un peu. Tu es encore jeune ce n’est pas la peine de te décider tout de suite. Il y aura d’autre occasions et de façon de servir l’Empire ! Ne devient pas un martyre !

— Mais maman ça fait deux ans que j’y réfléchis et franchement c’est ce que je veux. Je sais que c’est dangereux d’entrer dans l’armée mais je ne serais pas seul : tu te souviens de mon ami d’enfance ?

— Ethan ? Oui je m’en souviens pourquoi ? Vous étiez inséparable.

— Nous le sommes toujours !

— Et alors ?

— Alors, nous avons décidé de nous engager tous les deux, ensemble.

Sa mère finit par lâcher prise, comprenant qu’elle n’aurait pas le dernier mot

— Mais enfin, s’emporta-t-elle, qu’espère tu faire ? Rejoindre ton père dans la mort ? L’Armée et la Flotte l’a tué ! Pourquoi te montre tu si loyal envers eux.

— Parce que c’est ce que j’ai toujours rêvé de faire ! répondit le jeune homme embarrassé.

— Je ne peux pas te donner ma bénédiction, mais je ne peux pas non plus t’interdire de suivre ton rêve. C’est juste que, j’ai…déjà…beaucoup perdu ! Ton père me manque ; je…ne pourrai pas supporter de te perdre toi aussi.

Bouleversée, Helena s’effondra en pleurs sur le canapé de son salon, rejoint rapidement par un fils tout aussi bouleversé.

— Pardon, je ne voulais pas…, balbutia Colin

— Ce n’est pas ta faute. C’est juste que j’ai du mal à accepter sa mort. Il me manque tous les jours que je vis.

— Moi aussi…moi aussi. Parfois j’ai l’impression de voir papa pendant la nuit. Comme un …fantôme !

— Je pense que cela ira pour ce soir. Nous devrions aller essayer de dormir un peu, proposa Helena

— Va dormir si tu veux. Moi ce soir je ne peux plus. Il faut que je remette de l’ordre dans mes pensées. Bonne nuit, Maman.

-Bonne nuit.

Helena monta se coucher et laissa son fils seul avec ses pensées. Celui resta là sans rien faire pendant une heure avant d’aller se coucher. Le lendemain, Colin décida de se rendre à la capitale planétaire de Garzal, à cinq cent kilomètres de Heylon, sa ville natale. Il sortit sur le pas de la porte de l’immeuble dans lequel il vivait avec sa mère au trentième étage s’arrêtant pour observer la ville alentour et ses rues animées à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. On était en été et il était approximativement dix heures du matin, à cette heure et en cette saison, c’était la période des ventes à la sauvette : les petits marchands essayaient de vendre des contrefaçons aux passant tandis que les Forces de Sécurité Impériale, l’organisme chargé du maintien de l’ordre et de la loi, leur faisaient la chasse. Malheureusement pour eux, les rues étaient toujours bondées de véhicules en tout genre, des hovercrafts au sol aux chasseurs des FSI en passant par les VRP (Véhicule à Répulsion Personnels) et les navettes d’assaut FSI. En allant jusqu’à son propre VRP, Colin se fit aborder par deux jeunes hommes cherchant manifestement la bagarre :

            — Eh mec, t’as pas kek’chose pour moi ? Chuis sur qu’tu meurs d’envie d’me filer tes thunes ! demanda le plus vieux des deux, environ dix-sept ans, ses cheveux teints en rouge en forme de cône, nouvelle coiffure à la mode pour les jeunes des Districts Delta de Heylon, surement en vadrouille vu que le district où ils se trouvaient, n’était pas défavorisés.

            — Non, je n’ai rien pour toi, laissez moi tranquille s’il vous plaît, répondit calmement Colin en continuant son chemin.

            — Eh, t’as pas du comprendre c’que j’disais, fit l’autre en lui agrippant le bras, donne moi ta thune, tout de suite !

            — Lâche-moi tout de suite si tu tiens à garder tes dents !

            — Quoi ? Tu me menace ? Mais pour qui tu te prends espèce de fils de pute ! Tu va voir, je vais t’apprendre comment on cause dans mon district ! s’emporta le voyou des bas fonds

            — Et c’est quoi ton district ? La poubelle du coin ?

A ces mots le malfrat essaya de lui envoyer un crochet du droit dans le visage mais Colin était vif et esquiva le coup et lui renvoya un direct droit dans l’estomac. Mais il ne vit pas venir le deuxième lascar qui lui sauta dessus par derrière et lui immobilisa les bras dans le dos. Colin se débattit férocement mais ne parvint pas à se libérer.

            — Alors, se vanta le deuxième lascar, on fait moins son malin, hein grande gueule ?

            — Ouais, reprit l’autre qui venait de se remettre de ses « aigreurs d’estomac », on va te montrer c’que souffrir veut dire.

Joignant le geste à la parole, il lui expédia un coup de poing magistral en plein dans la figure, lui faisant sauter trois dents, puis enchaîna par un direct dans l’estomac qui plia Colin en deux. Il sorti un vibro-poignard et redressa Colin par les cheveux.

            — Maintenant on va s’amuser, déclara-t-il, un sourire sadique sur les lèvres.

— Lâchez-moi tout de suite ou ça va mal aller pour vous.

— Et, tu compte faire quoi ?

            — Je ne sais pas si t’as remarqué mais tu n’es plus dans ton District D pourri. Si tu crois que tu va t’en tirer comme ça tu peux aller voir ailleurs. Y a des flics par ici !

— Jusque là j’en ai pas vu beaucoup, de keuf ! Et puis ce sera trop tard pour toi ! Quand j’en aurai fini, ta mère te reconnaitra plus.

Il approcha sa lame du visage de Colin et lui entailla la joue du coin de la lèvre au lobe de l’oreille gauche puis lui entailla profondément le torse quand soudain les trois jeunes gens s’effondrèrent. Ils avaient été frappés par un faisceau inhibiteur à large bande, version tourelle, montée sur les navettes d’assaut et les glisseurs des FSI, de l’inhibiteur nerveux, arme anti-émeute quasiment exclusivement utilisé par les FSI, court-circuitant temporairement le système nerveux moteur du sujet, entraînant une paralysie quasi-totale mais une pleine conscience de ce qui l’entoure. Malgré la douleur, Colin entendit la communication de l’agent avec son centre opérationnel.

            — Central, ici unité FSI Delta 2, District Bleu 4. Agression Secteur 3, agresseurs neutralisés, blessure grave, probablement au vibro-poignard, la victime perd beaucoup de sang, envoyez équipe médicale d’urgence et navette d’assaut pour récupération.

            — Bien reçu Delta 2, les renforts arrivent. Faites ce que vous pouvez pour l’aider. Central terminé.

            — Lewis, apporte-moi la trousse de premier secours et le désinhibiteur maintenant. Et menottes ces deux abrutis.

            — Oui chef !

Colin hurlait de douleur par terre, la seule réaction que le paralyseur lui accordait encore

            — Restez calme, jeune homme, les secours vont arriver. Ca va aller ! Je suis l’agent Johnston, FSI.

            Puis l’agent jeta un œil aux blessures du jeune homme et blêmit d’effroi.

            — Bon sang, Lewis bouge toi, c’est plus grave que je croyais, ces salauds lui ont littéralement ouvert le ventre. Sort moi l’analgésique et l’ultra-coagulant. Central, envoyez nous une unité  cryo…on risque d’avoir un mort ici.

            — A ce point ?

            — Pas le temps de discuter, ils lui ont ouvert le ventre du plexus solaire au nombril, son état est critique.

            — Tenez bon, les médics sont déjà partis, ils seront sur vous dans deux minutes environ.

            — Dites leur de mettre le turbo, il ne tiendra pas longtemps !

            — Compris, Central terminé

            — Tenez bon ! Je vais vous administrer un analgésique et vous dé paralyser !

Les cris de Colin commencèrent à s’espacer et à s’affaiblir jusqu’à presque disparaître.

            — Désolé pour la paralysie mais nous n’avions ni le temps ni le choix.

            — Je …je…je sais, répondit très faiblement Colin don les saignements commencer à faiblir grâce aux ultra-coagulant.

            — Lewis, lis leurs droits à ces pourritures. Ils ne les méritent même pas pensa-t-il

            L’autre agent menotta les deux agresseurs, les désinhiba et leur lut leur droits.

            Quelques instants plus tard, les sirènes des navettes retentirent au loin.

            — Ben, il était plus que temps qu’ils arrivent. Son état se dégrade de plus en plus, s’inquiéta Johnston

            Lorsque la première navette atterrit, un flot d’agent FSI se déploya dans la rue et bloqua toute la circulation terrestre en amont et en aval de la zone pour permettre à la navette médicale d’atterrir sans encombre au plus près du blessé.

            La navette médicale atterrit une minute plus tard avec tout l’équipement de survie pour blessure grave, du régénérateur cellulaire à la cryocuve portable pour les cas critiques.

            — Docteur, par ici, cria Johnston, il a besoin de vous tout de suite. J’ai fais ce que j’ai pu mais un médipac n’est pas adapté à ce genre de cas.

            Le médic s’approcha en courant avec son scanner biométrique.

            — Bon sang, c’est une boucherie ! Que lui est il arrivé ? demanda le médic anxieux, Je savais que c’était un cas d’urgence, mais là c’est critique.

            — Ces deux salopards ont tenté une vivisection sur lui apparemment.

            — C’est ce que je vois, fis le docteur en scannant le corps meurtri de Colin. Pour le visage ce n’est pas trop grave, il a perdu deux dents et quatre sont endommagées, sa joue a été complètement sectionnée, mais à l’hôpital ou lui fera une greffe clonale c’a ne posera pas de problème. Ce qui m’inquiète, c’est son torse, enfin ce qu’il en reste. La lame a percé son estomac et sectionné son intestin grêle à deux endroits. Son pancréas et également lésé. Que lui avez-vous donné ?

            — Analgésique AD-10 150mg et Ultra Coagulant Z30 10 mg.

            — Bonne initiative, l’AD-10 a du rendre ces douleurs plus supportable et le Z30 l’a empêché de se vider de son sang. Vous lui avez peut être sauvé la vie Jessie. Félicitation !

            — Vous me féliciterez lorsque ce gosse sera sauvé Doc.

Le médic se tourna vers ses assistants.

            — Amenez-moi la cryocuve ! demanda le médic en se rapprochant du visage de Colin encore couvert de sang. Bon, écoutez-moi bien, jeune homme, vos blessures sont très graves et vous ne survivrez sûrement pas au transport dans cet état. Nous allons donc utiliser une cryocuve pour vous plonger en hibernation et vous transporter jusqu’à l’hôpital central, à Garzal. Ne vous inquiétez pas, on va vous remettre sur pied rapidement. Vous serez à l’Hôpital de Garzal dans moins de deux heures et grâce à nos cuves de clonage, nous vous auront remis tout en place d’ici trois jours et vous pourrez rentrer chez vous d’ici une semaine.

            Puis se tournant vers les deux infirmiers apportant la cryocuve, « Déshabillez le et placez le dans la cuve »

            Une fois qu’il fut totalement nu, le médic se rapprocha de la cuve et de son patient avec une seringue remplie d’un liquide bleu. Colin eut un frisson nerveux en voyant cette grosse seringue.

            — Ne vous en faites pas…euh …Colin, fit le médic en lisant la carte d’identification, ce n’est qu’un préparateur cryostasique qui permettra à votre organisme de résister à la cryogénisation.

            -Ce sera douloureux ? demanda faiblement Colin lorsque le liquide pénétra dans son système sanguin.

            — Non. Mais je dois vous prévenir que la cryogénisation dans ces conditions est assez pénible et dure entre deux et trois minutes. Vous aurez l’impression de manquer d’air lorsque vos poumons entreront en hibernation mais ce ne sera qu’une impression. La cuve est équipée d’un oxygénateur qui remplacera vos poumons pendant l’hibernation. Vous serez placé dans une sorte de sommeil sans rêve, le temps lui-même vous semblera s’être arrêté. Vous êtes prêt ?

            — Je…crois…que oui.

            — Très bien. Courage Colin tout va bien se passer. Je vous le promets. Et dans une semaine tout ceci ne sera qu’un mauvais souvenir, le rassura le médic avec un sourire. Ok, c’est parti.

L’ordinateur de la cuve commença à débiter ses procédures : « Fermeture de la cuve…activation biomoniteur…Activation oxygénateur automatique…lancement cryogénisation, phase 1…Phase 1 terminée…Lancement phase finale.

            A ce moment, Colin fini par perdre tout contact avec le monde réel et entra à proprement parler en hibernation  cryogénique, son corps maintenu à une température de -60° Celsius.

« Cryogénisation terminée, cryo-hibernation du sujet débutée, signe vitaux stables. Pulsation cardiaque 3 BPM[3] »

            — Et voilà, cette fois il est hors de danger, souffla le médic et en grande partie grâce à vous Jessie, si vous n’étiez pas intervenu aussi rapidement il est certain qu’il aurait succombé. Bon, je dois m’occuper de mon patient. Occupez vous bien de vos « clients ».

            — Vous pouvez compter là dessus Doc. Ils vont devoir assumer les conséquences de leurs actes devant un juge, répondit Johnston en les foudroyant du regard. Embarquez-les…Central, ici Delta 2, la situation est calmée nous vous amenons de nouveaux clients pour mandat Oméga.

            — Bien reçu Jessie, Comment va la victime ? A toi.

            — Cryogénisation d’urgence, le gosse est en route pour Garzal.

            — Le gosse ? Un enfant ?

            — Non, un jeune homme de dix neuf ans, mais pour moi tous les jeunes gens sont des gosses. Tu le sais non ?

            — Ça oui ! Enfin il est sauvé, c’est tout ce qui compte. Central terminé.

Quelques instants plus tard les navettes avaient disparu dans le ciel congestionné de la ville. Seul le glisseur de Johnston et Lewis restait sur place.

            — Chef, on ne part pas ? demanda le jeune officier Lewis Arlin

            — Non. Il ya une dernière chose que nous devons faire ici. Je lis sur la carte de ce pauvre garçon qu’il vit dans ce district avec sa mère. Il est de notre devoir de la prévenir.

            Lorsqu’ils arrivèrent devant l’immeuble, Johnston actionna l’intercom. Une voix féminine lui répondit :

            — Oui

            —  Excusez-moi. Madame Tyler ?

            — C’est moi. Qui êtes vous ?

            — Agents Jessie Johnston et Lewis Arlin, FSI

            — La FSI ? Que vous faut-il ?

            — Nous devons vous parler. Pouvons-nous entrer ? C’est au sujet de votre fils Colin.

            — Que se passe-t-il ? Il n’a rien fait de mal j’espère ? Quand il est parti il avait l’air morose.

            — Non, rien de tout cela, mais nous préférerions parler de cela avec vous de vive voix.

            — Certainement, je vous ouvre.

            — Merci

Se tournant vers Arlin, Johnston prédit que c’était la partie facile de la mission. Ils montèrent au domicile de la famille Tyler et sonnèrent à la porte. Helena Tyler vint rapidement leur ouvrir.

            — Madame Tyler ? Agent Johnston et voici l’agent Arlin.

            — Entrez je vous en prie.

            — Merci

            — Alors, vous vouliez me parler de mon fils, demanda Helena

            — Madame, nous avons le devoir de vous informer que votre fils a été victime d’une agression à l’arme blanche pulsante, annonça Johnston en retirant sa casquette d’uniforme et en croisant les mains devant lui, bien vite imité par son jeune collègue.

            — Mon Dieu. Comment va-t-il ? Il n’est pas… ? Répondez-moi, il n’est pas … ? s’affola sa mère.

            — Non il n’est pas mort, mais il a été très gravement blessé lors de l’attaque.

            — Mais qu’est qu’il a ? Où est-il ? Je veux le voir ! Amenez moi jusqu’à lui ! Je vous en prie, amenez-moi à lui !

Johnston prit Helena par les épaules.

            — Je vous en prie, Madame Tyler, calmez-vous. Votre fils s’en sortira. Mais il a été transféré à Garzal pour ses soins.

            — Que lui est-il arrivé exactement ? demanda plus calmement Helena

            — Deux voyous ont surement dû vouloir le voler et il leur a tenu tête. L’un d’eux a sorti un vibro-poignard et lui a tranché la joue de la lèvre à l’oreille et ouvert le ventre. On l’a placé en cryostase pour le transporter jusqu’à l’hôpital central de Garzal.

            — Mon Dieu, mais quelle horreur. Mais pourquoi lui ? Il n’a jamais trainé dans les Districts Delta. Il n’a jamais fait de mal à qui que se soit. Ce n’est pas juste. Il va s’en sortir vous êtes sur ?

            — Le Docteur en est convaincu. Etant donné son jeune âge et sa stature il devrait récupérer rapidement

            — Que vont-ils lui faire ?

            — Le docteur a dit que pour le visage et les dents ce ne sera qu’un détail. Il a parlé de greffe clonale. En revanche il n’a rien dit pour les soins de son abdomen. Mais d’après le docteur il devrait être rétabli d’ici une semaine.

            — Dieu merci il est sauf. Et ses agresseurs ?

            — Ils sont aux arrêts pour agression à l’arme blanche, acte de barbarie, tentative de meurtre et complicité. Ils écoperont au mieux de la réclusion criminelle à perpétuité avec une longue peine de sureté. Madame, vous voulez certainement rejoindre votre fils au plus vite. Je vous propose de vous amener jusqu’au central et de là prendre une navette à destination de Garzal au frais de l’Etat.

            — Pourquoi feriez-vous ça ?

            — Et bien, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais d’une certaine façon, votre fils me rappelle mon propre fils et je me sens proche de lui.

            — Je vois, quand pouvons nous partir ?

            — Dès maintenant si vous le désirez.

            — Très bien, je vais me préparer et passer une holocom.

            — Très bien, nous vous attendons en bas, devant la porte principale.

            -Merci

Les deux agents sortirent. Helena alluma son holocom et dicta le nom de son correspondant : Scott Tyler, le frère ainé de Colin. La connexion s’établit quelques instants plus tard et un jeune homme d’une vingtaine d’année apparut sur le plateau de l’holocom.

            -Oui ?

            -Scott ?

            — Maman.

            -Ecoute moi, je n’ai pas trop de temps, je vais bientôt partir pour l’hôpital de Garzal.

            -Pourquoi ? Tu as un problème ? Tu ne m’en as jamais parlé.

            — C’est ton frère qui a un problème.

            — Quoi? Colin est à l’hôpital ?

            — Scott, c’est affreux, Colin…a été… attaqué… ce matin…au vibro-poignard ! expliqua Helena, à deux contre un, d’après les agents FSI, des larmes plein la voix. Il n’a jamais fait de mal à qui que ce soit. Je…il fallait que je te prévienne. Quand il sortira de ce cauchemar, il aura besoin de toute l’aide et le soutien possible, de sa famille et de ses amis.

            — Bande d’enfoirés…et lâche avec ça : à deux contre un ! Les pourris. Bon, écoute, ne bouge pas d’ici, j’arrive tout de suite !

            — Les FSI vont m’amener jusqu’au poste central et de la ils me prépareront une navette pour Garzal.

            — Ok ! Je te rejoins au poste dès que possible. Colin est mon petit frère et il compte beaucoup pour moi. Je me dois d’être là quand il se réveillera. Et si le pire devait arriver je veux être là aussi.

            — Viens vite, je t’en prie !

            — Je ferai le maximum, maman.

            Helena raccrocha et prépara ses affaires pour un voyage qui s’annonçait pénible, angoissant et long. Lorsqu’elle atteignit le pas de la porte principale, le glisseur des agents FSI était paré au départ.

            — Prête au départ, Madame ? demanda Johnston

            — Autant que faire ce peut dans ce genre de situation. Après tout, on vient de m’annoncer que mon fils est dans un état plus que critique.

            — Je comprends ce que vous ressentez, tenta de la consoler Johnston, si ça peut vous consoler, il s’est défendu comme un lion avant d’être…euh…acculé.

            — Pourrait-on changer de sujet ? implora Helena

            — Certainement.

            — A propos, j’ai contacté mon fils aîné et il va m’accompagner. Vous serait-il possible de lui accorder une place avec moi.

            — Je pense que c’est possible. J’aurai besoin de ses noms et prénoms pour pouvoir lui accorder un laissez-passer au QG, concéda Johnston

            — Tyler, Scott. Il m’a dit qu’il nous rejoindrait au central.

Johnston acquiesça.

            — Central, ici Delta 2, nous rentrons à la base avec la mère de la victime. Au nom de l’article 427, veuillez lui préparer une navette à destination de l’hôpital central de Garzal.

            — Bien compris, demande transmise, combien de passagers ? Un ?

            — Deux en fait.

            — Pourquoi deux ?

            — La mère et le frère de la victime. Il nous rejoindra au central. Il se nomme Scott, Scott Tyler, laissez le passer.

            — Bien compris. Tyler, Scott, statut : membre de la famille. Autorisation accordée. A tout à l’heure.

            — Merci

Lorsqu’ils arrivèrent au central de la FSI, l’effervescence régnait en maître : des agents ramenaient des suspects menottés, des unités de patrouilles partaient dans toutes les directions. Ils aperçurent même cinq navettes d’assaut embarquer des unités d’intervention et décoller en trombe. Les communications étaient saturées, tout le monde courait dans tous les sens …

— Mais qu’est ce qui se passe ici ? s’étonna Arlin

            — On le saura bien assez tôt ! répliqua Johnston, rapproche nous le plus possible des portes principale s’il te plaît.

            — Ok

            — On est arrivé, Madame. Vous pourrez bientôt partir.

            Le glisseur s’arrêta devant la porte principale, Helena et Johnston en descendirent tandis qu’Arlin allait le garer au sous sol.

            — Suivez-moi je vous prie. Je vous conduis à la navette.

Helena et Johnston entrèrent dans le bâtiment de la FSI bientôt rejoint par Arlin.

            — Sandra, demanda Johnston à la réceptionniste, que se passe-il ici ? Je n’ai jamais vu une telle effervescence par ici.

            — On nous a signalé des attaques en tout genre dans toute la ville et dans tous les districts. C’est le chaos intégral dans tous les districts. On nous signale des émeutes majeures dans les districts Delta 1 à 6. La violence règne. Toutes nos unités ont été mobilisées pour contenir le chaos.

            — Cette ville part à vau-l’eau. Dis-moi, la navette que j’ai demandée est elle prête ?

            — Oui, sur la piste 3, les pilotes sont déjà à bord.

            — Parfait. Ah, au fait, quelqu’un s’est il présenté comme étant Scott Tyler ?

            — Absolument, conformément à vos instructions, il est en salle d’attente pour le moment.

            — Bien, faite le mener jusqu’à la navette. J’accompagne cette personne.

            — Très bien, ce sera fait.

            — Merci Sandra. Madame Tyler, suivez moi jusqu’à la navette.

            Il la mena à la plateforme, où ils furent rejoints quelques instants plus tard par un jeune homme aux cheveux blonds dorés en queue de cheval.

            — Monsieur Tyler je présume, questionna  l’Agent Arlin.

            — Scott, s’exclama Helena, merci d’être venu !

            — Je ne pouvais pas ne pas venir.

            — Excusez-moi messieurs dames, mais il faut y aller maintenant. Le couloir aérien est dégagé mais il ne pourra pas le rester indéfiniment. Vous devez embarquer tout de suite.

            — Il a raison, déclara Scott, Si on attend plus longtemps on risque de voir la situation empirer.

            —  Madame, je vous souhaite toute la chance possible dans cette épreuve. Ne perdez surtout pas espoir. Je peux vous garantir que ses agresseurs vont le payer cher. Prenez bien soin d’elle, jeune homme, elle en aura besoin.

            — Vous pouvez compter là dessus. Merci pour tout ce que vous avez fait pour mon frère, annonça Scott alors qu’Helena et lui montaient à bord

            Johnston voulut répondre lorsque son oreillette bourdonna et lui et Arlin disparurent précipitamment.

            La navette décolla enfin et mis immédiatement le cap sur Garzal à vitesse maximale.

 

Une semaine plus tard

Hôpital central de Garzal, chambre 2047

            La première chose que remarqua Colin en sortant de sa léthargie fut le changement de décor et des sensations qu’il éprouvait en ce moment : lorsqu’il s’était « endormi », il se trouvait dans une cryocuve, dans un état critique, à peine conscient et baignant quasiment dans son propre sang. Aujourd’hui, c’était un jeune homme entièrement remis à neuf qui était allongé dans ce lit d’hôpital. Bien qu’encore faible, après sa récente sortie de cryo-hibernation, Colin avait retrouvé sa lucidité et une bonne partie de ses fonction motrices : seules ses extrémités ne répondaient pas encore très bien à ses stimuli. La porte de sa chambre coulissa lentement sur ses rails et laissa entrer un homme en blouse blanche d’une quarantaine d’année, à la peau noire ébène et aux cheveux crépus, des yeux vifs et un sourire permanent sur les lèvres.

            -Ah, vous êtes réveillé ! Comment vous sentez vous ?

            — Je pense que ça va, Docteur… euh…excusez moi mais je n’arrive pas à me rappeler de votre nom, ni de l’endroit ou je suis d’ailleurs. répondit Colin un peu hésitant

            — C’est normal ! répondit le docteur en souriant. Pour le nom, nous n’avons pas eu le temps de nous présenter. Je suis le Docteur Mosao, c’est moi qui vous ai fait transférer ici, à l’Hôpital central de Garzal, après votre agression à Heylon, vous vous souvenez ?

            — Pas vraiment. Je me souviens vaguement de l’attaque et surtout de la douleur…Mais après, c’est le trou noir.

            — Vos blessures étaient extrêmement graves, nous avons été contraints de vous placer en cryo-hibernation pour vous maintenir en vie. On vous en a sorti il ya deux jours, depuis vous êtes dans cet état de sommeil.

            — Que m’avez-vous fait ?

            — On vous a remplacé beaucoup de choses. Votre corps était dans un sale état lorsque vous êtes arrivé ici : Votre joue gauche avait été sectionnée de part en part et votre système digestif était très endommagé. Nous vous avons fait une greffe clonale de joue, implanté trois nouvelles dents, et remplacé tout votre système digestif lésé par un neuf crée à partir de vos propres cellules souches par clonage accéléré. Vous garderez une grosse cicatrice sur le torse pendant quelques mois. En ce qui concerne le visage, une fois que les tissus auront été bien soudé, nous pourront les effacer définitivement d’ici un mois ou deux. En attendant vous aurez une belle cicatrice de l’oreille à la lèvre. Mais personnellement je ne trouve pas ça spécialement hideux, mais ça n’engage que moi. Et puis les cicatrices peuvent rendre les hommes virils. Pas vrai ? plaisanta le docteur.

            Colin sourit à cette plaisanterie.

            — Bon les bioscans indiquent que tout va bien chez vous. Je vous souhaite un prompt rétablissement. En attendant, vous avez de la visite. Je peux vous assurer qu’ils ont été là pendant tous les moments difficiles et vous ont veillé jusqu’à ce que vous donniez les premiers signes de réveil. Je vous laisse maintenant.

            — Merci Docteur, pour tout ce que vous avez fait pour moi ! Je crois que je vous dois la vie.

            — Ne vous en faite pas, je suis médecin, j’ai fait le serment de sauver des vies. Bon rétablissement, répliqua le médecin en sortant de la chambre.

Trois personnes familières entrèrent dans la chambre : Helena Tyler, la mère de Colin, Scott son frère et Ethan Jarvis son meilleur ami depuis l’enfance

            — Alors Colin, toujours au lit à te la couler douce, hein ? plaisanta Scott. Comment tu te sens ?

            — Maman, Scott, Ethan je ne m’attendais pas à vous trouver ici, répondit Colin très ému, Depuis combien de temps êtes vous ici ?

            — Une semaine, mon grand, depuis ton agression en fait répondit sa mère en tremblant. Oh Colin, j’ai eu si peur de te perdre, mon fils, continua-t-elle en le prenant dans ses bras, j’ai eu si peur. Helena tomba en larme.

            — Je suis là, maintenant. Tout va bien maintenant.

            — Tu nous as vraiment fait très peur Colin, ajouta Scott en s’asseyant sur le lit auprès de son frère, on a vraiment eu peur de te perdre.

            — Je suis venu dès que j’ai appris, intervint Ethan

            — Je suppose que vous avez soutenu maman pendant ces moments difficiles. Je vous remercie de tout mon cœur, vraiment ! J’ai de la chance d’avoir un frère et un ami comme vous. Vraiment !

            — C’est aussi à ça que servent les amis non ?

            — Tu leur as flanqué une dérouillé avant de te faire avoir…

            — Et les deux ordures qui m’ont fait ça ? demanda Colin

            — D’après ce que j’ai compris, leur procès devrait commencer dès demain. Mais le juge  Horn est actuellement gravement malade et il n’a pas de suppléants disponibles. Normalement c’est au Gouverneur de gérer ce genre de procès dans ces conditions, mais la visite de l’Empereur fausse tout. Le Gouverneur se doit de rester auprès de l’Empereur pendant une visite d’Etat. Le Haut Conseil et la Chancelière ont requis une présence impériale sur Terre mais l’Empereur ne peut pas quitter la planète en cours de visite officielle : il a renvoyé le prince Alexandre sur Terre pas plus tard qu’avant hier. Le seul qui puisse donc remplacer le Gouverneur pour ce procès, c’est le jeune prince Esteban. Ce qui n’est pas si mal vu qu’il à fait des études de droit à l’origine.

            — Donc, ces deux raclures vont être jugées par un prince impérial. Il faut que j’entre en contact avec lui.

            — Mais mon chéri, tu n’es pas encore prêt ! Le docteur a dit que tu devais te reposer pendant au moins trois jour de plus, s’inquiéta sa mère

            — Je vais bien, maman. Si vraiment je ne peux pas encore marcher d’ici demain, je prendrais un fauteuil flottant pour me déplacer.

            — Mais comment penses-tu pouvoir approcher le prince si rapidement ? Il n’accorde pas de rendez-vous aussi rapidement, fit remarquer Ethan avec sagesse.

            — J’irai directement le voir.

            — Mais les Paladins ne te laisseront pas l’approcher comme ça ! fit remarquer sa mère

            — Tu es sur de toi ? demanda Scott soucieux

            — Certain.

            — Alors je t’accompagnerai Colin, A partir de maintenant je ne te quitterai plus d’une semelle, petit frère. Je te le promets.

            — Moi aussi je viens ! intervint Ethan, Où tu iras, j’irai. Même jusqu’en enfer s’il le faut.

            — Merci pour tout, à vous deux, du fond du cœur.

            Scott et Ethan acquiescèrent en souriant et Helena, pour la première fois, retrouva le sourire. Le sourire d’une mère qui a retrouvé un fils qu’elle croyait à jamais perdu.

 

[1]  Base de Données Impériale

[2]  Une escadre de croiseur compte quatre croiseurs. Chaque croiseur transporte dix escadrilles de chasse soit cinquante chasseurs et trois escadrilles de bombardier. Equipage complet moyen d’un croiseur : mille personnes.

[3]  BPM : Battement Par Minute

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